L’allaitement

 

Je viens là vous narrer, en quelques lignes, mon allaitement. Quel projet!

Lorsque j’étais enceinte j’avais vraiment envie d’allaiter Jean. L’une des mes meilleures amies a allaité son fils durant quatorze mois et cela m’avait vraiment donné envie de me lancer, alors même que pour Elisa, ma fille, j’avais abandonné au bout de 24 heures tellement cela me semblait irréel de pouvoir réussir une telle aventure.

C’est difficile, inutile de vous le cacher. Le plus difficile reste le commencement de cette fantastique aventure. Les premiers jours sont vraiment très difficiles à tous niveaux. La fatigue qui prend le dessus et qui joue sur les nerfs, les mamelons qui sont douloureux ou du moins très sensibles (nous les femmes, nous n’avons pas l’habitude d’avoir quelqu’un qui nous aspire les tétons dix fois par jour), ce fait d’être à la merci du bébé puisque c’est à la demande, le fait de ne pas savoir si le bébé mange à sa faim, j’en passe et des meilleurs. Tout est inédit, interrogations, stress et une chose est sûre, il faut avoir les nerfs bien accrochés. Si mon amoureux ne m’avait pas épaulé, je serais très certainement allée acheter la première boîte de lait me tombant sous la main.

Et puis j’ai tenu. Grâce à lui, grâce aux conseils de ma sage-femme (Merci Stéphanie!), grâce à Jean. Et, il faut se l’avouer, aussi grâce à ma détermination.

A la maternité, tout allait plutôt bien. Jean prenait du poids. Alors après m’avoir divulgué de précieux conseils durant 4 jours, ils m’ont laissé sortir. Le retour à la maison à lui était plus dur. La prise de poids n’était pas assez rapide. Jean s’endormait au sein et rien ne pouvait le réveiller ( ni le fait de le déshabiller, ni le fait de le stimuler). Le tire-lait m’a sauvé.

Je ne prenais plus du tout de plaisir à mettre mon bébé au sein, je stressais, j’avais les tétons sensibles et cette affreuse sensation d’être un distributeur de lait ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, mais je voulais malgré tout qu’il boive mon lait. Est alors arrivé l’étape du tire-allaitement. Ce fut un soulagement sur le moment.

J’ai commencé par tirer mon lait toutes les deux heures, puis j’ai espacé les tirages un peu quand ça m’arrangeait (environs toutes les 4 heures) en ne conservant qu’un tirage la nuit vers 4 heures du matin. Je tirais entre 150 à 210 ml par tirage, plutôt très bien. Cela a duré deux mois. Deux mois de tire-allaitement exclusif. Et puis, la proximité avec Jean me manquait, j’avais envie de le sentir contre-moi, bien au chaud, de sentir ses petites mains gratter et j’avais surtout très envie d’essayer de le remettre au sein. J’ai fait plusieurs tentatives infructueuses, il ne voulait plus téter, mais j’ai persévéré. J’ai d’abord essayé avec un bout de sein. Échec total!  J’ai fini par le remettre systématiquement au sein le soir avant le coucher, comme un petit rituel entre nous. Au début il ne tétait pas vraiment, il jouait et puis il a vite compris et au bout d’une semaine, il attendait chaque soir sa tétée. Alors petit à petit je l’ai mis plusieurs fois dans la journée pour de vrais moments câlins. Il avait l’air d’y prendre goût, et moi j’adorais ça.

Aujourd’hui, Jean va avoir trois mois, je vais bientôt reprendre la route du travail et cette reprise me tétanise un peu. Jean tète le matin au réveil, allongé avec moi dans mon lit, puis le soir de manière systématique. Il tète aussi la journée. Je tire toujours un peu de lait, une fois le matin après qu’il ai tété parce que j’ai encore du lait, une fois le midi et avant d’aller me coucher. Les tétés de journée vont être difficiles pour moi à supprimer.

Jean fait ses nuits depuis longtemps, il tète toutes les 3 ou 4 heures en journée et beaucoup plus rapproché le soir jusqu’à sa dernière tété de 21 heures. C’est moi qui le réveille le matin à 7 heures. (Oui je sais, je suis chanceuse!)

Ces moments, rien qu’à nous, sont pour moi du bonheur en barre. Lorsque je l’allaite je suis bien, je ressens une sensation inexplicable, une sensation de bien-être profond. C’est juste lui et moi, c’est nous, c’est notre relation qui se construit, c’est moi qui prend soin de lui et qui le fait grandir. C’est moi qui fait une pause dans ma journée pour me consacrer à lui. Je comprends mieux désormais cette addiction à l’allaitement et le fait de vouloir le poursuivre même en travaillant (ce qui avant aurait été impensable pour moi).

J’ai la chance d’avoir un endroit où tirer mon lait sur mon lieu de travail. Je vais changer de tire-lait (j’ai actuellement et depuis le début le Kitett fisio, très performant) pour un plus compact (Le Mamivac sensitive-c, 800 grammes avec sac à dos et petit sac isotherme intégré) et je vais essayer de m’adapter  afin de poursuivre l’allaitement au lait maternel exclusif.

Je vous tiendrez évidemment au courant de la suite!

APRES PRESQUE UNE SEMAINE :

Tirer son lait au travail demande une organisation presque militaire. Lorsque j’ai repris le boulot je m’étais au préalable équipée d’une égoutte biberons (pour faire sécher mon matériel), d’un goupillon (pour le nettoyer) et d’un liquide vaisselle bio (c’est plus psychologique qu’autre chose je pense, mais ça me rassure!). Lorsque mes collègues m’ont vu débarquer après 5 mois d’absence tire-lait sur le dos, ils se sont demandés ce qu’il se passait! Je dois admettre que j’ai beaucoup de chance, je suis bien installée pour tirer mon lait et j’ai du temps un peu lorsque je veux. Je fais au mieux pour moi. Ma hiérarchie ne m’embête absolument pas avec ça. J’ai un frigo à disposition et de la place pour m’étaler.

Je ne suis pas encore rodée au niveau de mes « tirages ». J’embauche entre 9 heures et 10 heures, je déjeune généralement au bureau, ou pas très loin, et je débauche entre 17 heures 30  et 19 heures 15, c’est assez aléatoire. J’essai de tirer mon lait au minimum deux fois par jour, trois si c’est possible pour moi, en fonction de mes rendez-vous. Je le tire disons au maximum toutes les 4 heures, parfois avant lorsque mes seins sont trop tendus.

Jean boit généralement 4 biberons par jour, alors j’essai de tirer mon lait au minimum 4 fois par jour. Je bois beaucoup d’eau et beaucoup de tisanes Weleda allaitement (la boite orange), au minimum 4 tasses par jour.

Mais il est vrai qu’entre le nettoyage de la machine, sortir puis ranger le tire-lait, préparer tout mon matériel le soir pour le lendemain, le sac isotherme, le pain de glace, numéroter mes biberons, j’ai l’impression que le lait me monte au cerveau! Je suis tellement contente de retrouver mon petit chat le soir, et lui aussi il est trop content de retrouver sa maman et de pouvoir téter. D’autant que la tétée du matin est difficile. Jean n’est pas du matin et lorsque je le réveille à 6 heures pour téter, Monsieur a plus envie de dormir que de manger. Alors il tète mais fini par se rendormir, alors nous n’en profitons pas beaucoup. Nous allons finir par trouver notre rythme. C’est comme tout, il convient de trouver le bon ordre des choses, la meilleure manière, le bon timing.

Quant au Mamivac sensitive-c : Très pratique, compact et léger mais un peu moins performant que le Kitett fisio selon moi. Je tire tout de même en moyenne 180 ml par tirage! J’ai eu un peu de mal à m’y faire au début tellement je m’étais prise d’affection pour le Kitett, mais au final, il me convient bien et me suit partout au quotidien. En revanche, pour moi, le petit sac isotherme présent dans le sac à dos est trop petit. Je me suis équipée d’un sac isotherme plus grand (pouvant contenir jusqu’à 4 biberons) de la marque Badabulle. 

Le temps nous aidera à prendre nos repères et à nous habituer, Jean et moi, à ce nouveau rythme de vie. Je ne vous cache pas, que je suis extrêmement fatiguée et que le soir je m’enroule dans ma couette sans penser au lendemain, mais pour rien au monde je ne ferai différemment et je ne pourrais me passer des intenses tétées d’amour que Jean et moi partageons matins, soirs et weekends. J’avise, j’improvise en ne pensant qu’au bien être de mon garçon. L’allaitement me permet de me sentir bien et d’être en accord avec moi-même et mes envies. Alors à tous ceux qui se demandent pourquoi je poursuis cette jolie aventure, vous avez votre réponse. Elle m’apporte bien plus que le temps et l’organisation qu’elle me demande.

Cette nouvelle étape est difficile, le sevrage est douloureux, mais j’aime aussi travailler et mon activité professionnelle est indispensable à mon équilibre, alors si je peux allier les deux, je serais ravie. Je me dis que nos retrouvailles ne sont que plus intenses et les sourires, les éclats de rires, les regards tendres auxquels j’ai droit en rentrant valent tout l’or du monde.

La suite au prochain épisode!

 

Bilan après un mois

J’ai trouvé un peu mieux mon rythme. Je suis contente et un tout petit peu moins stressée (juste un peu!). 

Pour vous donner une petite idée : Vers 6 heures 20, mon petit goulu tète pendant une petite demi-heure, j’arrive au boulot vers 9 heures 15, je tire mon lait. Généralement c’est le moment de la journée où j’ai le plus de lait. Je réitère l’opération entre midi et 13 heures, puis vers 17 heures. Jean tète ensuite vers 20 heures 30, et je me lève pour tirer mon lait vers minuit. Je congèle  le surplus que j’ai parfois. Mon stock de lait congelé a clairement diminué, je tente de le renouveler au fur et à mesure. J’ai eu deux accidents de lait renversé dans le sac isotherme parce que dans la précipitation j’avais mal refermé mes couvercles, depuis je suis très vigilante!

J’ai eu une petite baisse de lactation que j’ai essayé de corriger avec du Calmosine allaitement et surtout du repos. Je n’ai pas autant de lait que je le voudrais mais j’y travaille. A défaut de pouvoir siéster entre midi et deux, je découvre les joies de la méditation. Cela prend 10 minutes et a un vrai effet sur moi, mes neurones et mes angoisses. J’essai de prendre du recul et de ne pas trop rationaliser tout ça.

Je tiens le coup, je garde le cap et je suis fière de nourrir toujours exclusivement mon baby au lait maternel, même si certains jours cela est parfois compliqué. D’autant que j’ai été pas mal malade (grippe + gastro ) ces deux dernières semaines.

Il reste que je suis fière de moi!

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s